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Fondation de la guilde Ombres et Chaos

Ombres et Chaos est une guilde de World of Warcraft fondée le 2 février 2008 sur le royaume du Conseil des Ombres (Horde). Pendant plus de douze ans, des Raids 25 de The Burning Crusade aux Raids Mythiques à 20 de Battle for Azeroth, nous avons parcouru le contenu PVE du jeu avec l’envie de progresser, bien sûr, mais surtout de le faire ensemble, dans une communauté où le respect de chacun et de l’intérêt collectif avait autant d’importance que les performances. La guilde a mis un terme à ses activités le 24 juin 2020, avant de se reformer brièvement en 2023 sur Dragonflight, cette fois dans un esprit plus « casual », puis de se retirer définitivement de toute compétition.


The Burning Crusade

Ombres et Chaos vit le jour le 2 février 2008, à l’initiative des responsables de plusieurs guildes réunies au sein de la Sombre Union. Cette coalition regroupait de petites structures familiales du Conseil des Ombres, parmi lesquelles Paradoxe et les Frères Mercenaires, dont les membres avaient pris l’habitude de joindre leurs forces pour découvrir les donjons les plus difficiles ou simplement organiser des activités ensemble. Peu à peu, l’idée de réunir les joueurs les plus motivés sous une même bannière s’imposa, avec l’envie d’aller plus loin dans le contenu PVE de World of Warcraft, à un rythme plus soutenu et avec un fonctionnement plus efficace.

Ellny, alors maître de guilde de Paradoxe et principal artisan de ce rapprochement, prit naturellement la tête de la nouvelle formation. Il fut épaulé par Bracia, Erinnyes et Gognol, issus des Frères Mercenaires, ainsi que par Deathwill et Drakorn, venus de Paradoxe. À ce moment-là, personne ne pouvait évidemment savoir jusqu’où cette aventure nous mènerait, mais les bases de la guilde étaient posées.

Portée par l’enthousiasme des débuts, la jeune guilde démarra fort et vint presque immédiatement à bout de Magtheridon, qui résistait encore aux guildes d’avant la fusion. Elle parcourut ensuite une grande partie de la Caverne du sanctuaire du Serpent et du Donjon de la Tempête, jusqu’à se retrouver devant les deux grands murs de l’époque : Dame Vashj et Kael’thas. Pour une guilde qui n’existait que depuis quelques mois, le départ était plutôt prometteur.

L’été calma cependant un peu cette première dynamique. Les absences se firent sentir et le recrutement n’était pas simple sur un serveur où les guildes PVE étaient encore très nombreuses. Nous avons malgré tout ajouté à notre tableau de chasse les premiers boss du Sommet d’Hyjal et du Temple Noir, tout en revenant régulièrement nous casser les dents sur Dame Vashj. C’est également pendant cette période que Galiorion, présent depuis les premiers jours, fut promu officier.

Victoire d’Ombres et Chaos contre Dame Vashj

À la rentrée, après trois mois de tentatives, Dame Vashj finit enfin par tomber. Ce fut notre premier grand fait d’armes, celui dont les anciens se souviendraient encore longtemps, autant pour la victoire elle-même que pour tout ce qu’il avait fallu traverser avant d’y parvenir. Kael’thas connut rapidement le même sort et nous ouvrit la voie vers la fin de l’extension, mais Archimonde et Illidan nous résistèrent jusqu’au déploiement de la mise à jour 3.0, qui annonçait déjà l’arrivée de Wrath of the Lich King.


Wrath of the Lich King

Créée en plein milieu de The Burning Crusade, la guilde abordait cette fois sa première véritable extension depuis son lancement, avec forcément beaucoup d’envie et de confiance. Le modeste palier T7 — Naxxramas, Sartharion et Malygos — fut rapidement expédié, mais les choses se compliquèrent quelques mois plus tard lorsque les pauses et les arrêts commencèrent à toucher plusieurs officiers et joueurs expérimentés. À l’ouverture d’Ulduar, certains Raids 25 durent même partir à dix-neuf ou vingt joueurs, ce qui ne facilitait évidemment pas la progression. Arrivé quelques mois après la création de la guilde, Vereva rejoignit alors les rangs des officiers.

En parallèle des trois Raids 25 organisés chaque semaine, un groupe de volontaires se lança dans les Hardmodes d’Ulduar à dix joueurs. Cette façon différente d’aborder les combats plut immédiatement au groupe, qui enchaîna les défis et prit goût à cette difficulté supplémentaire. Ce qui n’était au départ qu’une aventure menée en petit comité finit par donner un nouvel élan à toute la guilde et, surtout, par lui transmettre durablement le goût des Hardmodes.

À l’ouverture de L’Épreuve du croisé, les Hardmodes étaient devenus le mode Héroïque, mais l’idée restait la même et nous avons décidé d’en faire notre priorité dès que possible, aussi bien à dix qu’à vingt-cinq joueurs. Le groupe 25 progressa jusqu’aux Jumelles val’kyr (4/5) et permit à Ombres et Chaos de se hisser, pour la première fois, parmi les dix meilleures guildes PVE à 25 joueurs du royaume.

À dix joueurs, l’instance fut entièrement nettoyée et plusieurs défis annexes furent accomplis, dont Une offrande au talent fou (10 joueurs). Nous sommes également retournés terminer les Hardmodes d’Ulduar, avec notamment Algalon et Yogg-Saron pour Une lumière dans la nuit (10 joueurs), auxquels vinrent s’ajouter plusieurs méta hauts faits. C’est aussi pendant cette période que Vereva obtint la première — et finalement la seule — Val’anyr, le marteau des anciens rois de la guilde, la masse légendaire destinée aux soigneurs de l’extension.

Victoire d’Ombres et Chaos contre le Professeur Putricide

La Citadelle de la Couronne de glace arriva au bon moment pour un groupe qui avait désormais pris goût à la difficulté et voulait continuer sur sa lancée. L’instance fut rapidement nettoyée en mode Normal et le mode Héroïque déjà bien entamé à dix joueurs lorsqu’il nous fallut encore quelques semaines pour vaincre le Roi-liche à vingt-cinq. Une fois ce cap franchi, la progression repartit rapidement jusqu’à 7/12 en Héroïque. Dans le même temps, Maltiras, Perestroïkä et Uliren vinrent renforcer l’équipe des officiers.

Dame Murmemort fut le premier véritable mur de cette nouvelle difficulté et ne tomba qu’après plusieurs semaines de tentatives, en plein cœur de l’été. Le défi prit encore une autre dimension avec le Professeur Putricide puis Sindragosa, que nous avons fini par vaincre à la rentrée. Pendant ce temps, Améaliane forgea le premier exemplaire de Deuillelombre de la guilde, la hache légendaire de la Citadelle, avant que Soân n’obtienne le second.

Le Roi-liche fut finalement vaincu en mode Héroïque à dix joueurs, mais nous avons laissé de côté son affrontement à vingt-cinq, que seules Obviam Dei et une guilde de l’Alliance parvinrent à terminer sur le serveur. Ombres et Chaos conserva malgré tout sa huitième place et profita des dernières semaines avant Cataclysm pour revenir à des défis un peu différents : Halion en Héroïque à dix joueurs, Héraut des titans ou encore Il se nourrit de vos larmes, obtenu presque involontairement alors que très peu de raids du serveur l’avaient accompli.


Cataclysm

Le début de Cataclysm s’accompagna de quelques doutes, notamment parce qu’Ellny, notre maître de guilde historique, était absent depuis de longs mois. Il fallait pourtant que la guilde puisse avancer et profiter des nouveautés de l’extension — les niveaux, hauts faits et récompenses de guilde — alors Bracia, officier depuis les premières heures, accepta d’en prendre provisoirement la direction.

Dans le même temps, Gognol, officier, cofondateur et véritable pilier depuis la création, dut réduire son temps de jeu, bientôt suivi par Bracia. Il devenait évident qu’une nouvelle équipe devait prendre le relais. Grày, arrivé depuis quelques mois seulement, fut promu officier, tandis que Vereva, qui occupait déjà cette fonction depuis deux ans, prit les rênes de la guilde. Ce qui devait d’abord être une solution temporaire finit par devenir définitif.

World of Warcraft changeait lui aussi profondément. La distinction entre les Raids 10 et 25 disparaissait : même sauvegarde, même butin, et donc beaucoup moins de raisons objectives de s’imposer la gestion humaine d’un groupe de vingt-cinq personnes. Le format à dix joueurs séduisit naturellement de plus en plus de monde, de nombreuses guildes se créèrent autour de lui et le recrutement devint encore plus compliqué pour celles qui souhaitaient rester à vingt-cinq. Nous n’avons pas échappé au problème, mais nous tenions à ce format qui avait toujours été le nôtre et avons décidé de continuer à le défendre.

Malgré ces difficultés, le palier T11 nous offrit tout de même quelques belles performances, avec notamment Theralion et Valiona puis Maloriak en mode Héroïque, chaque fois en troisième position sur le serveur. Tout ne fut pas parfait pour autant : plusieurs boss restèrent invaincus et nous avons quitté ce premier palier avec le sentiment de ne pas être allés au bout de ce que nous aurions pu faire.

L’arrivée de nombreux joueurs juste avant l’ouverture des Terres de Feu nous permit enfin de stabiliser l’effectif et les résultats suivirent assez vite. Nous avons vaincu la majorité des boss Héroïques entre la deuxième et la troisième place du serveur, mais un nerf très important arriva beaucoup trop tôt et brouilla un peu la lecture du parcours. Le palier fut également si court que nous n’avons jamais réellement eu le temps de nous attaquer sérieusement à Ragnaros, qui ne tomba que plus tard dans l’extension.

Cette période resta aussi celle des innombrables Courroux du dragon, le Repos de Tarecgosa fabriqués par la guilde. Uliren fut le premier à recevoir le bâton légendaire des Terres de Feu — et seulement le deuxième joueur du royaume — avant Grày, Drakorn, Cadayron, Punie et Felinya. À la fin, il devenait presque plus difficile de trouver un caster qui ne l’avait pas que l’inverse.

Victoire d’Ombres et Chaos contre la Folie d’Aile de Mort

Avec L’Âme des dragons, nous avons clairement franchi un nouveau cap. Tout avait pourtant commencé dans la douleur sur Morchok, que nous n’avons vaincu qu’en deuxième position sur le serveur, avant de créer la surprise sur Hagara la Lieuse des tempêtes avec un inattendu dixième kill français.

La suite confirma que ce résultat n’était pas seulement un coup d’éclat. À l’exception de Maître de guerre Corne-Noire, tombé en deuxième position, nous avons été les premiers du serveur sur tous les boss suivants et avons terminé, pour la première fois de notre histoire, en tête du Conseil des Ombres, Raids 10 et 25 confondus.

Sakô confectionna la première paire de Golad, le Crépuscule des Aspects de la guilde et du serveur, les dagues légendaires de L’Âme des dragons. Nous n’en avons malheureusement pas beaucoup profité : en bon voleur, leur détenteur choisit de vanish peu après les avoir obtenues, conclusion assez logique de problèmes relationnels qui traînaient en réalité depuis plusieurs mois.

Un second ensemble fut donc fabriqué, un peu par défaut, pour Potomäk, candidature peu convaincante mais dernier voleur encore présent dans le roster. Lui aussi finit par s’éclipser une fois son moment de gloire obtenu, preuve que nous n’avions décidément pas beaucoup de chance avec les voleurs et leurs légendaires. Dans le même temps, Améaliane, membre depuis le début de Wrath of the Lich King, fut promue officière.


Mists of Pandaria

Victoire d’Ombres et Chaos contre la Volonté de l’Empereur

Après une interminable période d’attente, le peu de contenu PVE proposé par Cataclysm ayant été écumé depuis longtemps, Mists of Pandaria ouvrit enfin ses portes. L’envie de repartir était bien présente, même si, comme à chaque nouvelle extension, les retours de certains joueurs s’accompagnèrent des arrêts de quelques autres. Uliren, officier et membre important de la guilde depuis plusieurs années, fut notamment de ceux qui mirent un terme à leur aventure.

Présents depuis le début de Cataclysm, Lumï et Wokdenouille furent promus officiers pour participer à la suite, même si ce dernier dut renoncer à ses fonctions quelques mois plus tard pour des raisons personnelles. Ces changements ne nous empêchèrent pas de réaliser un parcours tout à fait honorable sur le T14, où nous avons presque systématiquement disputé les deux premières places du serveur à Obviam Dei.

Il faut tout de même reconnaître que la concurrence s’était sérieusement réduite sur le Conseil des Ombres et que nous n’étions plus très nombreux à nous battre à ce niveau. Quelques boss restèrent d’ailleurs invaincus : une fois encore, le premier palier de l’extension passa trop vite pour laisser aux guildes le temps de stabiliser leur effectif, de prendre leur rythme et d’affronter correctement tous les combats.

L’ouverture du Trône du tonnerre ne nous rassura pas vraiment au départ. Le mode Normal fut laborieusement terminé et les premiers boss Héroïques nous firent particulièrement mal, au point de semer quelques doutes dans le groupe. Après les bons résultats de la fin de Cataclysm, nous avions forcément espéré mieux.

C’est justement à ce moment qu’une nouvelle guilde du serveur, RAID OFF, tenta de profiter de nos difficultés pour débaucher nos candidatures et même certains raiders, en leur promettant évidemment monts et merveilles. Quelques-uns se laissèrent tenter, mais l’aventure tourna court : la guilde ne tint pas la route et disparut au bout de quelques semaines, laissant ses nouvelles recrues revenir assez vite de leurs illusions.

Curieusement, cet épisode eut surtout pour effet de nous remobiliser. Cadayron, membre depuis le début de Cataclysm, fut promu officier, le groupe retrouva progressivement son rythme et les boss commencèrent enfin à s’enchaîner comme nous l’avions espéré au lancement du palier.

Le véritable tournant arriva en plein cœur de l’été avec le Sombre Animus, un boss réputé extrêmement difficile que nous avons pourtant réussi à vaincre assez rapidement. Ce kill nous permit de dépasser pour la première fois du palier Obviam Dei, qui avait compté jusqu’à trois boss d’avance, et de nous hisser à la dix-neuvième place française.

Dans cette dynamique, nous avons attaqué Lei Shen avec une énorme motivation et la conviction que nous pouvions terminer le palier. Il nous échappa pourtant de peu : cinq mois, dont trois en plein été, c’était vraiment court pour venir à bout de douze boss aussi exigeants. Le roi-tonnerre finit malgré tout par tomber un peu plus tard, mais forcément avec un autre goût.

Le Siège d’Orgrimmar arriva dans la foulée, mais sans Obviam Dei, qui venait de rendre les armes. Cette rivalité durait depuis Cataclysm et nous avait beaucoup apporté : les voir prendre de l’avance nous poussait à chercher sans cesse comment les rattraper, et cette course avait contribué à nous faire progresser. Leur disparition nous laissait désormais seuls pour représenter le Conseil des Ombres en Raid 25, ce qui était à la fois une fierté et un signe assez inquiétant pour le serveur.

Quelques-uns de leurs joueurs nous rejoignirent et nous aidèrent à conserver notre dynamique. Le début du T16 se déroula presque sans accroc : nous avons logiquement été les premiers du serveur sur chaque boss Héroïque à 25 jusqu’à Thok le Sanguinaire, onzième des quatorze rencontres, après seulement deux mois de progression.

Pendant ce temps, Blizzard annonça le futur format Mythique unique à vingt joueurs. Spiters se reforma alors et, après avoir littéralement marché sur le mode Héroïque à dix jusqu’à atteindre la première place française, vint faire la même chose à vingt-cinq. Il n’était plus vraiment question de leur disputer la tête du serveur, mais nous avons rapidement pris la seconde place sur l’Ingé-siège Boîte-Noire, puis sur les Parangons des Klaxxi, avec au passage une nouvelle dix-neuvième place française.

Victoire d’Ombres et Chaos contre Garrosh Hurlenfer

C’est là que les choses se corsèrent vraiment. À l’hiver 2014, cela faisait presque un an et demi que nous enchaînions sans souffler le T14, le Trône du tonnerre, le Siège d’Orgrimmar et même, pour les plus courageux, la ferme des Laboureurs. Certains jouaient à ce rythme depuis plusieurs années et la lassitude, jusque-là contenue, finit par rattraper une partie importante de l’effectif.

Après seulement une semaine de tentatives sur Garrosh Hurlenfer, le dernier défi de l’extension, plusieurs joueurs décidèrent d’arrêter. Nous avons perdu d’un coup des raiders performants, fidèles depuis plusieurs années, mais aussi des officiers comme Perestroïkä, puis Cadayron. Dans ces conditions, continuer n’avait plus beaucoup de sens et nous avons dû mettre Garrosh de côté.

Nous avons beaucoup recruté et réussi à reconstruire assez vite un effectif pour repartir à l’assaut du chef de guerre quelques mois plus tard. Cette deuxième tentative ne dura pourtant pas davantage : de nouveaux arrêts furent annoncés, certaines recrues ne répondirent pas vraiment aux attentes et, pour couronner le tout, la sortie d’une extension de Diablo III monopolisa une partie du roster au pire moment.

Nous n’étions pourtant pas décidés à abandonner et à partir en vacances sur cet échec. Le roster fut reconstruit une deuxième fois en moins de six mois et, au début de l’été, nous sommes repartis une troisième fois défier Garrosh Hurlenfer. Cette fois, il n’y eut plus de retour en arrière : le chef de guerre finit enfin par tomber le 6 août 2014.

C’était six mois plus tard que ce que nous avions imaginé, et il restait forcément une vraie déception : avec l’effectif du début, nous avions les moyens de le vaincre bien plus tôt. Mais après deux reconstructions complètes et tous les déboires accumulés, le sentiment dominant fut tout de même la satisfaction d’avoir refusé de lâcher et d’être allés au bout malgré tout.


Warlords of Draenor

Comme nous en avions désormais pris l’habitude, cette nouvelle extension apporta son lot de départs et de retours. Warlords of Draenor avait cependant un pouvoir d’attraction particulier : les retrouvailles avec des personnages plus familiers que les Pandarens et les nombreuses références à The Burning Crusade, extension restée très populaire chez les anciens joueurs, avaient mis l’eau à la bouche à beaucoup de monde.

Du côté de l’encadrement, Farën, qui nous avait rejoints au milieu de Cataclysm, fut promu officier, tandis que Cadayron fit son retour. Après les deux reconstructions de la fin de Mists of Pandaria, retrouver quelques visages connus ne faisait pas de mal.

Warlords of Draenor marquait surtout nos premiers pas dans le nouveau mode Mythique, qui remplaçait l’ancien mode Héroïque avec un format unique à vingt joueurs. Cette fois, les guildes qui jouaient auparavant à dix et celles qui évoluaient à vingt-cinq se retrouvaient toutes sur la même piste. La concurrence devenait donc beaucoup plus dense et, pour la première fois, les classements permettaient vraiment de comparer tout le monde sur un format identique.

Le Conseil des Ombres venait en plus d’être connecté à La Croisade écarlate et au Culte de la Rive noire, ce qui élargissait encore le terrain de jeu. Nous avons malgré tout réussi à défendre honorablement notre place face à des guildes aux ambitions supérieures comme Quintessence ou Restricted, avec notamment le deuxième kill Mythique du serveur sur les Ogrons jumeaux, puis le troisième sur le Boucher, premier véritable gear check du T17.

Nous n’avons guère eu le temps d’aller plus loin dans Cognefort, où nous nous sommes arrêtés à cinq boss sur sept, car la Fonderie des Rochenoires ouvrit déjà ses portes. Le rythme des sorties ne nous laissait décidément jamais beaucoup de temps pour souffler ou terminer proprement un palier.

Les semaines suivantes tournèrent une vraie page de l’histoire d’Ombres et Chaos. Plusieurs joueurs qui formaient l’ossature de la guilde depuis longtemps décidèrent d’arrêter ou de réduire fortement leur présence : Grày et Lumï se retirèrent, Vereva fit une pause, puis Cadayron mit cette fois définitivement un terme à son aventure. Ce n’était plus seulement quelques mouvements habituels entre deux paliers, mais le départ progressif d’une génération entière de raiders et d’officiers.

Påtoune et Punie, deux anciens raiders de l’époque de Cataclysm revenus depuis plusieurs mois, furent promus officiers pour prendre le relais. Avec un roster qu’il fallait encore une fois reconstruire en grande partie, la progression Mythique à la Fonderie des Rochenoires fut parfois laborieuse, mais nous avons tout de même réussi à vaincre huit des dix boss et à terminer le palier à la troisième place du serveur.

Victoire d’Ombres et Chaos contre Archimonde

L’effectif commença enfin à se stabiliser à l’ouverture de la Citadelle des Flammes infernales. Dans le même temps, les autres principales guildes PVE du serveur cessèrent leurs activités ou rencontrèrent à leur tour de grosses difficultés ; après avoir longtemps couru derrière les meilleures, nous nous retrouvions presque seuls au moment où notre propre groupe retrouvait enfin un peu de continuité.

Notre parcours dans cette dernière instance de Warlords of Draenor fut sans doute l’un des plus réguliers de notre histoire. Les boss tombèrent à un bon rythme, presque sans accroc, seule Velhari la Despote réussissant réellement à nous ralentir. Nous avons signé le premier kill du serveur sur tous les combats de l’instance, jusqu’à Archimonde, vaincu à la trente-huitième place française.


Legion

Victoire d’Ombres et Chaos contre Gul’dan

Après sept longs mois à farmer un contenu terminé depuis longtemps, Legion arriva enfin et bouleversa pas mal d’habitudes prises pendant Warlords of Draenor. Les armes prodigieuses, notamment, demandaient de progresser presque quotidiennement pendant toute l’extension, avec une pression individuelle qui allait finir par peser lourd sur beaucoup de joueurs.

Du côté de la guilde, plusieurs cadres hésitaient à continuer ou décidèrent de se retirer, tandis que la population de World of Warcraft poursuivait son renouvellement. Nous avions de plus en plus souvent affaire à des joueurs préoccupés par leurs objectifs personnels et leurs impératifs immédiats, là où notre fonctionnement reposait depuis toujours sur l’idée d’un projet collectif construit sur la durée. Ce décalage n’était pas forcément la faute de quelqu’un, mais il rendait la stabilité beaucoup plus difficile à obtenir.

Le début de l’extension fut donc assez chaotique, avec des raiders et même des officiers qui se succédaient sans toujours rester très longtemps. Nous avons malgré tout réussi à nettoyer le Cauchemar d’émeraude, puis le Palais Sacrenuit, chaque fois de justesse avant l’arrivée du contenu suivant, comme si toute cette première partie de Legion avait été une longue course contre la montre.

Seule Helya nous résista au Jugement des Valeureux. Nous avons terminé ce premier cycle de raids à la quatrième place du serveur : ce n’était pas honteux au regard de tout ce qui s’était passé, mais nous étions tout de même loin des standards auxquels les extensions précédentes nous avaient habitués.

Nous n’avons même pas eu le temps de profiter de la victoire contre Gul’dan : la Tombe de Sargeras ouvrait dès le lendemain. Cette instance allait nous laisser un souvenir particulièrement pénible, tant elle semblait avoir été conçue pour accumuler tout ce qui pouvait compliquer la vie d’une guilde.

Le palier ouvrit un 21 juin, ne dura que quatre mois et se déroula donc presque entièrement pendant l’été. Les combats reposaient en grande partie sur des mécaniques de soaking, avec des erreurs individuelles punies de manière parfois absurde. Entre le calendrier et la conception des boss, rien ne nous facilitait la tâche, mais nous avons tout de même réussi à en vaincre six en mode Mythique.

Antorus, le Trône ardent, dernière instance de Legion, démarra bien mieux. Pour la première fois de l’extension, nous avons eu le sentiment de retrouver un rythme normal : les boss s’enchaînaient régulièrement et nous avons atteint Aggramar, l’avant-dernier combat, dans un délai tout à fait satisfaisant.

À partir de là, tout se dérégla de nouveau. Les absences tombèrent systématiquement au mauvais moment et la stratégie utilisée contre Aggramar exigeait plusieurs Chevaliers de la mort, précisément au moment où les nôtres réussirent à être absents chacun leur tour. Un boss qui aurait normalement dû nous prendre deux semaines en demanda finalement sept, et cette perte de temps allait peser lourd sur la suite.

Les examens, les vacances, les pauses et la lassitude générale continuèrent ensuite à perturber le roster. Nous avons malgré tout atteint Argus, ultime adversaire de l’extension, mais le calendrier commençait sérieusement à nous inquiéter : nous étions déjà en mai, les départs en vacances et les AFK de fin d’extension s’accumulaient, et le grind permanent de puissance prodigieuse avait épuisé beaucoup de joueurs qui n’avaient plus envie de fournir un dernier effort.

Une partie de l’effectif préférait déjà attendre tranquillement Battle for Azeroth. Même la Coupe du monde de football réussit à nous enlever des joueurs, soudain prêts à vibrer devant un Arabie saoudite–Uruguay plutôt qu’à passer la soirée sur Argus, ce qui restait assez remarquable dans un roster qui, le reste du temps, exécrait à peu près unanimement ce sport !

Nous avons malgré tout essayé pendant plusieurs semaines et réussi à descendre Argus jusqu’à 25 %. Il restait encore du chemin, mais le boss n’était pas hors de portée. Ce fut finalement l’effectif, plus que le combat lui-même, qui eut raison de nous : faute de pouvoir continuer dans des conditions correctes, nous avons dû tirer le rideau sur Legion sans avoir vaincu son dernier adversaire.


Battle for Azeroth

A venir ...


Shadowlands

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Dragonflight

A venir ...